Cours · BTS MCO et NDRC · CEJM

Le choix d'une structure juridique pour l'entreprise

Thème 3 du programme : l'organisation de l'activité de l'entreprise. La question 3.2 est juridique : comment choisir une structure juridique pour l'entreprise ? Vélocité et Kooma sont des SAS, Les Jardins de Tessier une SARL : ces choix ne sont pas des hasards. Ils résultent de critères (responsabilité, capital, fiscalité, régime social du dirigeant, gouvernance, financement) confrontés aux formes que le droit propose, de l'entreprise individuelle à la société anonyme, en passant par les entreprises de l'économie sociale et solidaire. Ce chapitre donne les clés de ce choix et de son évolution.

Les critères de choix d'une structure juridique

Créer ou développer une entreprise oblige à choisir une structure juridique : le cadre légal dans lequel l'activité est exercée. Deux grandes voies existent. L'entreprise individuelle : une personne physique exerce en son nom, sans créer de personne distincte. La société : un contrat par lequel une ou plusieurs personnes mettent en commun des apports pour partager le bénéfice ; la société, une fois immatriculée au registre du commerce et des sociétés, est une personne morale dotée d'un patrimoine propre, distinct de celui des associés. Le choix se fait à partir de critères que le programme retient.

Arbre des structures juridiques. Entreprise individuelle : une personne physique exerce en son nom ; régime réel ou micro-entreprise (régime simplifié). Société : personne morale dotée d'un patrimoine propre, distinct de celui des associés ; EURL et SARL, SAS et SASU, SA, et les entreprises de l'économie sociale et solidaire (SCOP, SCIC, mutuelles, associations).
Schéma 1. Les deux grandes voies, entreprise individuelle ou société, et les formes présentées dans ce chapitre.
CritèreQuestion à se poserEnjeu
ResponsabilitéQue risquent l'entrepreneur et les associés si l'entreprise ne paie pas ses dettes ?Responsabilité limitée aux apports (SARL, SAS, SA) ou protection du patrimoine personnel (entreprise individuelle)
Capital et apportsCombien faut-il apporter ? Sous quelle forme (argent, biens, savoir-faire) ?Capital minimal (SA : 37 000 €) ou libre (SARL, SAS) ; crédibilité auprès des banques
FiscalitéQui paie l'impôt sur le bénéfice : l'entrepreneur (impôt sur le revenu) ou la société (impôt sur les sociétés) ?IS : 25 %, taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € pour les PME ; IR : barème progressif du foyer
Régime social du dirigeantLe dirigeant est-il travailleur non salarié (TNS) ou assimilé salarié ?Niveau des cotisations et étendue de la protection
GouvernanceQui dirige, qui décide, avec quelles majorités ?Souplesse (SAS) ou règles imposées par la loi (SARL, SA)
FinancementPeut-on faire entrer des investisseurs, emprunter, ouvrir le capital ?Actions négociables (SAS, SA) ou parts sociales soumises à agrément (SARL)
Formalités et coûtsQuelle lourdeur de création et de fonctionnement ?Micro-entreprise très simple ; sociétés : statuts, comptes annuels, assemblées

Aucune forme n'est la meilleure dans l'absolu : la structure adaptée dépend du projet (seul ou à plusieurs, besoin de capitaux, risque de l'activité), de la situation personnelle du créateur et de ses perspectives de croissance. Elle peut évoluer avec l'entreprise.

L'entreprise individuelle et la micro-entreprise

L'entreprise individuelle (EI) est la forme la plus simple : l'entrepreneur exerce en son nom, décide seul, encaisse le bénéfice et est imposé à l'impôt sur le revenu dans la catégorie correspondant à son activité (bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux ou agricoles). Il est travailleur non salarié. Depuis 2022, un statut unique protège l'entrepreneur individuel : ses biens personnels sont séparés de plein droit de son patrimoine professionnel, et les créanciers professionnels ne peuvent saisir que ce dernier, sauf renonciation expresse (souvent demandée par les banques) ou fraude.

La micro-entreprise n'est pas une forme juridique mais un régime simplifié de l'entreprise individuelle, accessible tant que le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 188 700 € pour les ventes de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services. Pas de comptabilité complète ni de TVA en dessous des seuils de franchise ; le bénéfice imposable est calculé par un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires (71 % pour les ventes, 50 % pour les services commerciaux, 34 % pour les professions libérales) ; les cotisations sociales sont un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé.

CaractéristiqueEntreprise individuelle (régime réel)Micro-entreprise
CréationDéclaration en ligne au guichet uniqueIdentique, gratuite, immédiate
ComptabilitéComptabilité complète, charges réelles déduitesLivre des recettes ; charges non déductibles, abattement forfaitaire
ImpôtIR sur le bénéfice réelIR sur le chiffre d'affaires après abattement (ou versement libératoire)
CotisationsCalculées sur le bénéficePourcentage du chiffre d'affaires, rien si pas d'encaissement
LimitesAucune limite de chiffre d'affairesPlafonds de chiffre d'affaires ; inadaptée aux charges lourdes

Exemple. Un artisan réparateur de vélos en micro-entreprise réalise 150 000 € de ventes de pièces et d'accessoires : son revenu imposable est de 150 000 × (1 – 71 %) = 43 500 €, quelles que soient ses charges réelles. Si celles-ci dépassent 71 % du chiffre d'affaires, le régime micro le pénalise : il a intérêt au régime réel ou à une société.

Équation : chiffre d'affaires de 150 000 € multiplié par (1 – abattement forfaitaire de 71 % pour les ventes), soit 29 %, égale un revenu imposable de 43 500 €. Si les charges réelles dépassent 71 % du chiffre d'affaires, le régime micro pénalise l'entrepreneur.
Schéma 2. Le revenu imposable d’un micro-entrepreneur se calcule par un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires, quelles que soient ses charges réelles : 150 000 € de ventes donnent 43 500 €.

L'EURL et la SARL

La SARL (société à responsabilité limitée) est la forme la plus répandue chez les petites entreprises. Elle réunit de 2 à 100 associés, personnes physiques ou morales, dont la responsabilité est limitée à leurs apports ; le capital est libre et divisé en parts sociales. Elle est dirigée par un ou plusieurs gérants, obligatoirement personnes physiques, nommés par les associés. Les décisions ordinaires se prennent à la majorité des parts, les modifications des statuts à la majorité des deux tiers. La cession de parts à un tiers est soumise à l'agrément des associés, ce qui protège le caractère fermé de la société.

L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL à associé unique : elle permet à un entrepreneur seul de bénéficier de la responsabilité limitée et de la personne morale. Les Jardins de Tessier sont une SARL : M. Tessier, gérant, et son épouse en détiennent les parts.

CaractéristiqueSARL / EURL
Associés1 (EURL) à 100 ; responsabilité limitée aux apports
CapitalLibre, en numéraire ou en nature ; parts sociales
DirectionGérant(s) personne(s) physique(s), associé(s) ou non
FiscalitéIS de plein droit ; option possible pour l'IR (EURL : IR de plein droit si l'associé est une personne physique, option pour l'IS ; SARL de famille : option IR)
Régime social du gérantGérant majoritaire (plus de 50 % des parts avec son conjoint et ses enfants) : travailleur non salarié ; gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré : assimilé salarié
Avantages et limitesCadre sécurisant fixé par la loi, cotisations modérées du gérant majoritaire ; mais peu de souplesse, entrée d'investisseurs difficile

La SAS, la SASU et la SA

La SAS (société par actions simplifiée) est devenue la forme préférée des créateurs qui prévoient de grandir. Son capital, libre, est divisé en actions ; les associés (actionnaires) n'engagent que leurs apports. Elle est dirigée par un président, personne physique ou morale, qui la représente ; les statuts organisent librement le reste : autres dirigeants, comités, majorités, clauses d'agrément, d'inaliénabilité ou d'exclusion, actions de préférence à droits de vote ou dividendes particuliers. Cette liberté statutaire explique son succès auprès des investisseurs et des start-up ; elle exige en contrepartie des statuts soignés. La SASU est une SAS à associé unique. Vélocité et Kooma sont des SAS. Le président est assimilé salarié : affilié au régime général, sans assurance chômage.

La SA (société anonyme) est la forme des grandes entreprises et des sociétés cotées : capital minimal de 37 000 €, au moins deux actionnaires (sept si la société est cotée), direction par un conseil d'administration (3 à 18 membres) avec un président et un directeur général, ou par un directoire et un conseil de surveillance ; commissaire aux comptes et règles de fonctionnement strictes destinées à protéger des actionnaires nombreux. Elle seule peut faire appel public à l'épargne.

CaractéristiqueSAS / SASUSA
Capital minimalLibre37 000 €
Associés1 ou plusieurs, personnes physiques ou morales2 au moins (7 si cotée)
DirectionPrésident ; organisation libreConseil d'administration ou directoire et conseil de surveillance
TitresActions, librement cessibles sauf clauseActions, librement cessibles ; cotation possible
Régime social du dirigeantPrésident assimilé salariéPrésident et directeur général assimilés salariés
FiscalitéIS (option IR possible 5 ans sous conditions)IS
UsageStart-up, PME en croissance, filiales, entreprises familialesGrandes entreprises, sociétés cotées

Fiscalité du bénéfice et régime social du dirigeant

Deux critères pèsent lourd dans le choix : la fiscalité du bénéfice et le régime social du dirigeant. À l'impôt sur le revenu (IR), le bénéfice est ajouté aux autres revenus du foyer de l'entrepreneur et imposé au barème progressif, qu'il soit prélevé ou laissé dans l'entreprise. À l'impôt sur les sociétés (IS), la société paie elle-même l'impôt (25 %, taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME) ; le dirigeant est imposé personnellement sur sa rémunération, déductible du bénéfice, et les associés sur les dividendes distribués. L'IS permet de laisser le bénéfice non distribué dans la société, faiblement imposé, pour financer les investissements.

Exemple. Une SAS réalise 60 000 € de bénéfice imposable : IS = 42 500 × 15 % + 17 500 × 25 % = 6 375 + 4 375 = 10 750 €. Le même bénéfice réalisé par un entrepreneur individuel serait imposé en totalité au barème de l'IR, avec ses autres revenus.

Le régime social du dirigeant dépend de la forme et de la place du dirigeant dans le capital. Le travailleur non salarié (TNS) (entrepreneur individuel, gérant majoritaire de SARL) cotise à la sécurité sociale des indépendants : cotisations de l'ordre de 45 % de sa rémunération nette, protection plus limitée (indemnités journalières, retraite), pas d'assurance chômage. L'assimilé salarié (président de SAS, gérant minoritaire de SARL, dirigeant de SA) relève du régime général : cotisations salariales et patronales de l'ordre de 80 % de la rémunération nette, protection équivalente à celle d'un salarié, sans assurance chômage non plus. Ces ordres de grandeur, couramment retenus, varient selon le niveau de rémunération. Pour une rémunération nette de 40 000 €, les cotisations sont d'environ 18 000 € pour un TNS et 32 000 € pour un assimilé salarié : la SARL à gérant majoritaire coûte moins cher, la SAS protège mieux.

DirigeantRégime socialCoût pour l'entrepriseProtection
Entrepreneur individuel, gérant majoritaire de SARLTravailleur non salariéModéréPlus limitée ; pas de chômage
Président de SAS, gérant minoritaire de SARL, dirigeant de SAAssimilé salariéÉlevéCelle d'un salarié ; pas de chômage
Micro-entrepreneurTravailleur non salarié, cotisations sur le chiffre d'affairesProportionnel aux encaissementsLimitée, selon les cotisations versées
Comparaison. Travailleur non salarié (entrepreneur individuel, gérant majoritaire de SARL) : sécurité sociale des indépendants, cotisations de l'ordre de 45 % de la rémunération nette, soit environ 18 000 € pour 40 000 €, protection plus limitée, pas d'assurance chômage. Assimilé salarié (président de SAS, gérant minoritaire de SARL, dirigeant de SA) : régime général, cotisations de l'ordre de 80 %, soit environ 32 000 € pour 40 000 €, protection équivalente à celle d'un salarié, pas d'assurance chômage non plus.
Schéma 3. Le régime social du dirigeant dépend de la forme et de sa place dans le capital ; pour 40 000 € de rémunération nette, la SARL à gérant majoritaire coûte moins cher, la SAS protège mieux.

L'économie sociale et solidaire : coopératives, mutuelles, associations

L'économie sociale et solidaire (ESS), reconnue par la loi de 2014, regroupe des entreprises dont le but n'est pas d'abord le profit : gouvernance démocratique (une personne, une voix), bénéfices majoritairement réinvestis, réserves impartageables. Elles répondent à des besoins sociaux ou collectifs et représentent une part importante de l'emploi dans certains secteurs (aide à la personne, banque mutualiste, insertion).

FormeCaractéristiquesExemple
SCOP (société coopérative et participative)SA, SARL ou SAS dont les salariés sont associés majoritaires : au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote ; dirigeant élu par les salariés ; part des bénéfices réservée aux salariés et aux réservesReprise d'une entreprise par ses salariés ; coopérative de production de vélos
SCIC (société coopérative d'intérêt collectif)Coopérative qui associe plusieurs catégories de membres (salariés, usagers, collectivités, bénévoles) autour d'un projet d'utilité socialePlateforme de covoiturage rural portée par des usagers et des communes
MutuelleSociété de personnes sans capital, qui assure ses membres (santé, prévoyance) sans but lucratifMutuelle santé d'une profession
Association (loi de 1901)Groupement de personnes à but non lucratif ; peut avoir une activité économique mais ne distribue pas de bénéfices ; responsabilité des membres limitée à leur cotisationAssociation d'insertion qui remet des vélos en état

Ces formes sont choisies pour leur finalité (projet collectif, ancrage territorial) et pour leur gouvernance, non pour la rémunération du capital : elles attirent peu d'investisseurs mais fidélisent salariés et usagers, et accèdent à des financements spécifiques (subventions, prêts solidaires).

Faire évoluer la structure

La structure choisie à la création n'est pas définitive. Trois événements conduisent souvent à la faire évoluer : la croissance (besoin de capitaux, entrée d'investisseurs), le changement de situation du dirigeant (association, départ, transmission) et la gestion du risque (passage d'une entreprise individuelle à une société). La transformation change la forme de la société sans créer une personne morale nouvelle : contrats, salariés, dettes et immatriculation continuent.

ÉvolutionProcédurePoints de vigilance
Entreprise individuelle vers société (EURL, SASU)Création de la société et apport ou cession du fondsÉvaluation du fonds, formalités, nouveau régime fiscal et social
SARL vers SASDécision unanime des associés ; rapport d'un commissaire à la transformation (ou du commissaire aux comptes) sur la situation de la société ; nouveaux statuts, publicitéLe gérant majoritaire TNS devient président assimilé salarié (cotisations plus élevées) ; les parts deviennent des actions ; liberté statutaire à organiser
Augmentation de capitalDécision des associés aux majorités prévues, souscription des nouveaux titresDilution des associés existants ; pacte d'associés avec les investisseurs
SAS vers SADécision des associés, capital porté à 37 000 € au minimum, mise en place des organesPréalable à une cotation en bourse

Exemple. Kooma, SAS, lève des fonds : les investisseurs souscrivent à une augmentation de capital et obtiennent des actions de préférence ; un pacte d'associés fixe leurs droits de regard et leurs conditions de sortie. Les Jardins de Tessier, SARL familiale, peuvent rester en SARL tant que le gérant ne cherche ni investisseur ni souplesse particulière ; l'entrée d'un partenaire extérieur ou la transmission aux enfants justifierait un passage en SAS.

Processus d'évolution de la structure en quatre étapes : de l'entreprise individuelle vers une société (EURL, SASU), par apport ou cession du fonds ; de la SARL vers la SAS, par décision unanime des associés, le gérant majoritaire TNS devenant président assimilé salarié ; augmentation de capital, par souscription de nouveaux titres, avec dilution des associés existants et pacte d'associés ; de la SAS vers la SA, capital porté à 37 000 € au minimum, préalable à une cotation en bourse.
Schéma 4. La structure évolue avec l’entreprise : croissance, changement de situation du dirigeant ou gestion du risque conduisent à la transformer sans créer une personne morale nouvelle.

Méthode : répondre à une question de CEJM

Une question de droit sur la structure juridique se traite en quatre étapes. 1. Identifier la situation et le besoin : qui crée ou dirige, seul ou à plusieurs, avec quels moyens et quel projet ; quel critère est en jeu (responsabilité, fiscalité, régime social, gouvernance, financement). 2. Énoncer la règle : caractéristiques des formes concernées, conditions, majorités, régimes. 3. Appliquer au cas : confronter chaque critère important aux formes possibles, avec les chiffres du dossier si une comparaison est demandée. 4. Conclure par un choix justifié ou une réponse précise, en signalant les points à surveiller.

ÉtapeExemple rédigé : « Quelle structure conseiller à Mme Roux, qui crée seule une activité d'entretien de jardins avec des charges importantes et l'espoir de grandir ? »
IdentifierCréation par une personne seule, activité de services avec des charges réelles élevées (matériel, véhicule), perspective de dépasser rapidement le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise.
RègleLa micro-entreprise est simple mais calcule l'impôt et les cotisations sur le chiffre d'affaires, sans déduire les charges, et s'arrête à 77 700 € de services. L'EURL (ou la SASU) est une personne morale à responsabilité limitée, qui déduit les charges et la rémunération du dirigeant, soumise à l'IS sur option ou de plein droit.
ApplicationAvec des charges supérieures à l'abattement forfaitaire, le régime micro surévalue le revenu imposable et les cotisations ; l'EURL à l'IS laisse à Mme Roux le choix de sa rémunération et permet de conserver du bénéfice faiblement imposé pour investir.
ConclusionConseiller l'EURL (gérante TNS, cotisations modérées) ou la SASU si elle privilégie la protection sociale ; la micro-entreprise ne conviendrait que pour tester l'activité quelques mois.

Erreurs fréquentes : confondre micro-entreprise (régime) et forme juridique ; croire que la responsabilité limitée protège le dirigeant qui s'est porté caution ; oublier que SARL et SAS ont un capital libre ; confondre gérant majoritaire (TNS) et président de SAS (assimilé salarié).

Exercices auto-corrigés

Micro-entreprise ou EURL : le projet de Mme Roux, cheffe de culture aux Jardins de Tessier


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Mme Roux, cheffe de culture aux Jardins de Tessier, veut créer son activité de conception et d'entretien de jardins. M. Tessier, qui compte lui confier des chantiers, vous demande, en tant qu'assistant(e) de gestion, de l'aider à comparer deux structures pour sa première année : la micro-entreprise ou l'EURL soumise à l'impôt sur les sociétés, dans laquelle elle se verserait une rémunération de gérante (document 1).


Document 1 : données de la première année

ÉlémentValeur
Chiffre d'affaires prévu (prestations de services)72 000 €
Charges réelles (matériel, carburant, assurance, fournitures)22 000 €
Micro-entreprise : abattement forfaitaire pour les prestations de services50 % du chiffre d'affaires
Micro-entreprise : cotisations sociales22 % du chiffre d'affaires (taux retenu pour l'exercice)
Micro-entreprise : plafond de chiffre d'affaires pour les services77 700 €
EURL : rémunération de la gérante30 000 € par an, déductible du bénéfice
EURL : cotisations sociales de la gérante (travailleuse non salariée)45 % de la rémunération, déductibles
Impôt sur les sociétés15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà

Annexe 1 (arrondir les montants à deux décimales)

QuestionRéponse
Micro-entreprise : revenu imposable après abattement forfaitaire de 50 % (€)
Micro-entreprise : cotisations sociales (€)
Micro-entreprise : revenu réellement disponible avant impôt sur le revenu (chiffre d'affaires – charges réelles – cotisations) (€)
EURL : cotisations sociales de la gérante (€)
EURL : bénéfice avant impôt sur les sociétés (€)
EURL : impôt sur les sociétés (€)
EURL : résultat net après impôt, qui reste dans la société ou peut être distribué (€)
Chiffre d'affaires supplémentaire que Mme Roux pourrait réaliser avant de dépasser le plafond de la micro-entreprise pour les services (€)

Questions d'analyse

En micro-entreprise, Mme Roux exerce en entreprise individuelle. Si un client refuse de payer et que les dettes s'accumulent :


L'EURL à l'impôt sur les sociétés devient plus intéressante que la micro-entreprise lorsque :




Pourquoi Kooma est une SAS : les choix des cofondateurs


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Mme Diallo prépare une intervention devant des étudiants sur la création de Kooma. Elle vous demande, en tant que stagiaire, de retrouver les raisons qui ont conduit les trois cofondateurs à choisir la SAS, à partir de la situation de départ (document 1).


Document 1 : la situation de départ de Kooma

ÉlémentContenu
Fondateurstrois cofondateurs, dont Mme Diallo, apportant 15 000 € chacun
Besoin de financementlevées de fonds prévues auprès d'investisseurs dès la deuxième année
DirigeanteMme Diallo, présidente, souhaite une protection sociale du régime général
Souhaits des fondateurscontrôler l'entrée de nouveaux associés, organiser leurs relations par un accord confidentiel, éviter une gouvernance lourde
Fiscalitésociété soumise à l'impôt sur les sociétés

Les cofondateurs voulaient faire entrer rapidement des investisseurs au capital. La SAS convenait parce que :


Mme Diallo, présidente, souhaitait rester couverte par le régime général de la sécurité sociale. En SAS, le président est :


Avec trois cofondateurs apportant 15 000 € chacun, la responsabilité de chacun en cas d'échec est :


Les cofondateurs n'ont pas choisi la SA parce que :


Les statuts de Kooma prévoient que toute cession d'actions à un tiers doit être approuvée par les associés. Cette clause est :


Kooma est soumise à l'impôt sur les sociétés. Cela signifie que :


Entre les trois cofondateurs, la répartition des pouvoirs, les conditions de sortie et l'engagement de chacun ont été fixés dans :




La liquidation d'un client des Jardins de Tessier et la responsabilité de ses associés


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La SARL Paysages du Rhône, cliente régulière des Jardins de Tessier, est placée en liquidation judiciaire. Elle doit 12 400 € aux Jardins de Tessier. M. Tessier vous demande, en tant qu'assistant(e) de gestion, d'estimer ce qu'il peut espérer récupérer et de lui expliquer ce que risquent les associés de cette société (document 1).


Document 1 : situation de la SARL Paysages du Rhône

ÉlémentValeur
Capital social20 000 €, réparti entre M. Albin, gérant (50 %), Mme Boyer (30 %), M. Costa (20 %)
Dettes à payer180 000 € (fournisseurs, banque, Urssaf)
Actif réalisable par le liquidateur95 000 € (matériel, créances), réparti au prorata des créances (hypothèse simplifiée : pas de créancier privilégié)
Créance des Jardins de Tessier12 400 €
Caution personnelle de M. Albin auprès de la banque40 000 €

Annexe 1 (arrondir les montants à deux décimales, les pourcentages à deux décimales)

QuestionRéponse
Apport de M. Albin au capital (€)
Apport de Mme Boyer au capital (€)
Insuffisance d'actif (dettes – actif réalisable) (€)
Somme maximale que les trois associés perdent au titre de leur responsabilité d'associés (€)
Taux de recouvrement des créanciers si l'actif est réparti au prorata des créances (%)
Montant que Les Jardins de Tessier peuvent espérer récupérer (€)
Perte probable des Jardins de Tessier (€)
Somme supplémentaire que M. Albin devra payer à la banque au titre de sa caution personnelle (€)

Questions d'analyse

Mme Boyer et M. Costa, simples associés, peuvent-ils être condamnés à payer les 85 000 € qui manquent ?


Pour mieux se protéger à l'avenir face à ses clients professionnels, M. Tessier peut :




Faut-il transformer Les Jardins de Tessier en SAS ?


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Pour financer une nouvelle serre et préparer la transmission de l'entreprise, M. Tessier envisage de faire entrer au capital un investisseur régional (30 % du capital) et sa fille, qui travaille déjà dans l'entreprise. Son expert-comptable lui conseille de transformer la SARL en SAS. Il vous demande, en tant qu'assistant(e) de direction, de vérifier les conséquences de cette transformation (document 1).


Document 1 : situation des Jardins de Tessier

ÉlémentContenu
Forme actuelleSARL, capital réparti entre M. Tessier (80 %) et son épouse (20 %) ; M. Tessier, gérant majoritaire, travailleur non salarié
Projetnouvelle serre financée par l'entrée d'un investisseur régional à 30 % ; entrée de la fille de M. Tessier au capital par donation
Souhaits de M. Tessierconserver le contrôle des décisions, préparer la transmission, limiter les formalités
Conseil de l'expert-comptabletransformer la SARL en SAS avant l'entrée de l'investisseur

La décision de transformer la SARL en SAS doit être prise :


Avant la transformation, la société devra :


Après la transformation, M. Tessier, gérant majoritaire devenu président, change de régime social :


L'entrée de l'investisseur à hauteur de 30 % du capital se fera par :


En SAS, M. Tessier craint de perdre le contrôle de l'entreprise. Les statuts peuvent prévoir :


Sur le plan fiscal, la transformation :


La fille de M. Tessier recevra des actions par donation. Dans la SAS, la transmission des actions aux héritiers ou donataires :







Questions fréquentes

Quelle est la différence entre SARL et SAS ?

La SARL réunit 2 à 100 associés détenant des parts sociales, est dirigée par un gérant personne physique et la cession des parts à un tiers exige l'agrément des associés ; le gérant majoritaire est travailleur non salarié. La SAS a un capital en actions, un président assimilé salarié et des statuts libres, ce qui facilite l'entrée d'investisseurs. Toutes deux ont un capital libre, une responsabilité limitée aux apports et relèvent de l'IS.

Qu'est-ce que la micro-entreprise ?

Ce n'est pas une forme juridique mais un régime simplifié de l'entreprise individuelle, accessible jusqu'à 188 700 € de ventes ou 77 700 € de services par an. Le bénéfice imposable résulte d'un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires (71 % ventes, 50 % services, 34 % libéral) et les cotisations sont un pourcentage des encaissements. Avec 150 000 € de ventes, le revenu imposable est de 43 500 €, quelles que soient les charges réelles.

Comment calculer l'impôt sur les sociétés d'une PME ?

Le taux normal est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME. Pour 60 000 € de bénéfice : 42 500 × 15 % + 17 500 × 25 % = 6 375 + 4 375 = 10 750 €. La société paie elle-même l'impôt ; le dirigeant est imposé sur sa rémunération, déductible du bénéfice, et les associés sur les dividendes. Le bénéfice non distribué, faiblement imposé, finance les investissements.