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Cours · BTS MCO et NDRC · CEJM
Thème 1 du programme : l'intégration de l'entreprise dans son environnement. Première question : comment s'établissent les relations entre l'entreprise et son environnement économique ? L'entreprise n'agit jamais seule : elle achète, vend, embauche, emprunte et paie des impôts. Ce chapitre présente les agents économiques, le circuit qui les relie, le fonctionnement du marché et ses limites, puis les voies de financement de l'entreprise, à partir des trois entreprises fil rouge du site : Vélocité, Les Jardins de Tessier et Kooma.
Un agent économique est un acteur qui prend des décisions économiques : produire, consommer, épargner, investir, prélever. La comptabilité nationale regroupe les agents en cinq grandes catégories selon leur fonction principale et leurs ressources. Une entreprise comme Vélocité est en relation permanente avec chacune d'elles.
| Agent | Fonction principale | Ressources principales | Relation avec Vélocité |
|---|---|---|---|
| Ménages | Consommer ; fournir le travail | Salaires, revenus de la propriété, prestations sociales | Clients de la boutique en ligne, salariés de l'atelier |
| Entreprises (sociétés non financières) | Produire des biens et des services marchands | Chiffre d'affaires | Magasins clients, fournisseurs de composants, concurrents |
| Sociétés financières (banques, assurances) | Financer, assurer, gérer les moyens de paiement | Intérêts, primes, commissions | Banque prêteuse, assureur de l'atelier |
| Administrations publiques (État, collectivités, sécurité sociale) | Produire des services non marchands, redistribuer | Impôts et cotisations | Impôts et cotisations versés, aides reçues, routes et pistes cyclables |
| Reste du monde | Échanger avec l'extérieur | Exportations et importations | Batteries importées d'Asie, vélos exportés en Suisse |
Une même personne peut relever de plusieurs catégories : un salarié de Vélocité est un ménage quand il consomme, mais son entreprise est une société non financière. Les associations à but non lucratif forment une catégorie à part (institutions sans but lucratif au service des ménages).
Le circuit économique représente les relations entre les agents sous forme de flux. Un flux réel est un mouvement de biens, de services ou de travail ; un flux monétaire est le paiement qui lui correspond en sens inverse. Quand un ménage achète un VAE, le vélo va du producteur au ménage (flux réel) et le paiement va du ménage au producteur (flux monétaire).
| Agent | Flux reçus par Vélocité (entrées) | Flux versés par Vélocité (sorties) |
|---|---|---|
| Ménages | achats de VAE en ligne (3,4 M€) | salaires nets (2,6 M€) |
| Entreprises | ventes aux magasins (10,8 M€) | achats de composants et de batteries (7,1 M€) |
| Administrations publiques | subvention à l'innovation (0,2 M€) | cotisations sociales, TVA, impôt sur les sociétés (1,9 M€) |
| Sociétés financières | emprunt reçu (1,5 M€) | intérêts et remboursements (0,4 M€) |
| Reste du monde | exportations vers la Suisse et l'Italie (1,2 M€) | importations de batteries (3,8 M€) |
Les flux de Vélocité avec les ménages, les entreprises, les administrations, les banques et le reste du monde (exemple 2026 simplifié) montrent que l'entreprise est au cœur du circuit : elle transforme des achats et du travail en ventes, et répartit la valeur créée entre salariés, fournisseurs, État, banques et actionnaires. Le circuit illustre aussi l'interdépendance des agents : une baisse du pouvoir d'achat des ménages réduit les ventes, donc les achats aux fournisseurs et les recettes de l'État.
Un marché est le lieu, réel ou virtuel, de rencontre entre une offre (les vendeurs) et une demande (les acheteurs) d'un bien ou d'un service ; cette rencontre fixe un prix et une quantité échangée. On distingue le marché des biens et services, le marché du travail, le marché des capitaux. Sur un marché concurrentiel, la loi de l'offre et de la demande s'applique : quand le prix monte, la quantité demandée baisse et la quantité offerte augmente ; quand le prix baisse, c'est l'inverse.
| Prix d'un plant de tomate | Quantité demandée (plants) | Quantité offerte (plants) | Situation |
|---|---|---|---|
| 2,50 € | 9 000 | 5 000 | pénurie (demande > offre) |
| 3,00 € | 8 000 | 6 500 | pénurie (demande > offre) |
| 3,50 € | 7 000 | 7 000 | équilibre |
| 4,00 € | 6 000 | 8 000 | excédent (offre > demande) |
Exemple. Sur le marché local des plants de tomates, Les Jardins de Tessier observent les quantités ci-dessus. Le prix d'équilibre est de 3,50 € : à ce prix, 7 000 plants sont offerts et demandés. À 2,50 €, 4 000 plants manquent : les clients acceptent de payer plus et le prix monte. À 4 €, 2 000 plants restent invendus : les pépiniéristes baissent leurs prix. Le prix d'équilibre se déplace lorsque l'offre ou la demande change : une canicule qui détruit des semis déplace l'offre vers la gauche et fait monter le prix ; une mode du potager déplace la demande vers la droite et fait monter le prix et la quantité.
Le marché réel s'éloigne souvent de ce modèle : les prix sont affichés par les vendeurs, les produits sont différenciés (marque, service), les acheteurs sont mal informés. Le modèle reste utile pour prévoir le sens des variations.
L'élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix : élasticité = variation en % de la quantité demandée ÷ variation en % du prix. Elle est en général négative (la quantité baisse quand le prix monte) ; on raisonne sur sa valeur absolue.
| Valeur absolue de l'élasticité | Qualification | Conséquence d'une baisse de prix sur le chiffre d'affaires | Exemples |
|---|---|---|---|
| Supérieure à 1 | Demande élastique | Le chiffre d'affaires augmente (la quantité progresse plus que le prix ne baisse) | Produits avec substituts nombreux : VAE d'entrée de gamme, plants courants |
| Égale à 1 | Élasticité unitaire | Le chiffre d'affaires est inchangé | — |
| Inférieure à 1 | Demande rigide (inélastique) | Le chiffre d'affaires diminue | Produits indispensables ou sans substitut : carburant, médicaments, abonnement professionnel |
Exemples calculés. Plants de tomates : quand le prix passe de 3,50 à 4 € (+ 14,29 %), la demande passe de 7 000 à 6 000 plants (-14,29 %) : élasticité = -1,00, demande élastique. Abonnement entreprise de Kooma : quand le prix mensuel par salarié passe de 10 à 11 € (+ 10 %), le nombre d'abonnés passe de 10 000 à 9 500 (– 5 %) : élasticité = -0,50, demande rigide ; la hausse de prix augmente les recettes. L'élasticité-revenu mesure de même la réaction de la demande à une variation du revenu des ménages : elle est forte pour les biens de loisir (VAE) et faible pour les biens de première nécessité.
La concurrence est la rivalité entre offreurs pour conquérir la même demande ; elle pousse à baisser les prix, à innover et à améliorer la qualité. Son intensité dépend du nombre d'offreurs, de la différenciation des produits et des barrières à l'entrée, c'est-à-dire des obstacles qui empêchent de nouvelles entreprises d'arriver sur le marché.
| Structure de marché | Nombre d'offreurs | Exemple |
|---|---|---|
| Concurrence (atomicité) | Très nombreux, aucun n'influence le prix | Pépinières et jardineries d'une région |
| Oligopole | Quelques offreurs qui s'observent | Fabricants de batteries de VAE, opérateurs téléphoniques |
| Monopole | Un seul offreur | Réseau de distribution d'électricité, brevet exclusif |
| Barrière à l'entrée | Exemple |
|---|---|
| Financière | Investissement initial lourd : usine de batteries (plusieurs dizaines de millions d'euros) |
| Technologique et juridique | Brevets, normes de sécurité, agréments |
| Commerciale | Notoriété des marques installées, réseau de magasins, fidélité des clients |
| Effets de réseau | Une application de covoiturage vaut d'autant plus qu'elle a d'utilisateurs : un nouvel entrant part de zéro |
Les entreprises ne font pas que se concurrencer : elles coopèrent (achats groupés, recherche commune, normes partagées, sous-traitance, franchise) quand l'intérêt commun l'emporte. La coopétition désigne la coopération entre concurrents sur un maillon (production d'un composant) tout en restant rivaux sur la vente. La limite est fixée par le droit : les accords qui fixent les prix ou se partagent les clients sont des ententes interdites.
Le marché ne conduit pas toujours à la meilleure situation collective : on parle de défaillances du marché. Deux d'entre elles sont au programme.
| Défaillance | Définition | Exemple | Réponse possible |
|---|---|---|---|
| Asymétrie d'information | L'une des parties à l'échange sait ce que l'autre ignore | L'acheteur d'un VAE d'occasion ignore l'état réel de la batterie ; l'assureur ignore la prudence du conducteur | Garanties, labels, notes et avis, contrôles, contrats incitatifs |
| Externalité négative | Effet défavorable subi par un tiers sans compensation | Rejets d'une usine de batteries dans une rivière ; bruit d'une jardinerie pour les voisins | Taxe, norme, interdiction, droit à polluer |
| Externalité positive | Effet favorable reçu par un tiers sans paiement | Haies plantées par la pépinière qui abritent les cultures voisines ; covoiturage qui réduit le trafic | Subvention, aide publique, commande publique |
L'asymétrie d'information prend deux formes : avant le contrat, la sélection adverse (les mauvais produits ou les mauvais risques chassent les bons, car l'acheteur ne sait pas distinguer) ; après le contrat, l'aléa moral (une partie change de comportement parce qu'elle n'est plus contrôlée). Face aux externalités, l'État peut internaliser l'effet : faire payer le pollueur (taxe) ou récompenser celui qui crée un bénéfice collectif (subvention), de façon à rapprocher la quantité produite de l'optimum social.
Pour investir et financer son cycle d'exploitation, l'entreprise a besoin de ressources qu'elle trouve auprès des autres agents. Les ménages épargnent plus qu'ils n'investissent : ils ont une capacité de financement ; les entreprises investissent plus qu'elles n'épargnent : elles ont un besoin de financement. Deux circuits relient les uns aux autres.
| Mode de financement | Mécanisme | Exemple | Avantages et limites |
|---|---|---|---|
| Financement indirect (intermédié) | Une banque collecte l'épargne et accorde des crédits ; elle supporte le risque et se rémunère par l'intérêt | Emprunt de 1,5 M€ de Vélocité pour l'usine ; découvert des Jardins de Tessier au printemps | Accessible aux PME ; dépend du taux d'intérêt et des garanties exigées |
| Financement direct (marché financier) | L'entreprise émet des titres (actions, obligations) achetés par des investisseurs | Levée de fonds de Kooma auprès de fonds d'investissement ; grandes entreprises cotées en Bourse | Montants importants, pas de remboursement pour les actions ; dilution du contrôle, exigence de rentabilité |
Le taux d'intérêt est le prix du financement : il se forme sur le marché des capitaux sous l'influence de la banque centrale. Quand il baisse, les projets d'investissement deviennent plus rentables et les entreprises empruntent davantage ; quand il monte, elles reportent leurs investissements. Exemple. Un emprunt de 1 500 000 € sur 10 ans coûte, en intérêts la première année, 1 500 000 × 3 % = 45 000 € à 3 %, mais 75 000 € à 5 % : la rentabilité attendue de l'usine doit dépasser ce coût.
Une question de CEJM demande une réponse construite, jamais une simple affirmation. Pour les questions d'économie, la structure attendue est la suivante.
Exemple de question. « Expliquez pourquoi la métropole subventionne les trajets de Kooma. » Réponse rédigée. Le covoiturage produit une externalité positive, c'est-à-dire un avantage reçu par des tiers (les habitants, qui subissent moins de trafic et de pollution) sans qu'ils paient la plateforme. Laissé au seul marché, un bien à externalité positive est produit en quantité insuffisante, car les utilisateurs ne tiennent compte que de leur avantage personnel. Dans le dossier, les 38 000 trajets mensuels de Kooma réduisent le trafic sur deux axes ; la métropole en bénéficie sans contrepartie. En versant 1 € par trajet, elle internalise l'externalité : le prix payé par les usagers baisse, la demande se déplace vers la droite et le nombre de trajets augmente, ce qui rapproche l'activité de l'optimum collectif. La subvention est donc économiquement justifiée.
Erreurs à éviter : répondre sans définir la notion ; décrire le document sans l'analyser ; confondre externalité (effet sur un tiers) et asymétrie d'information (information inégale entre les deux parties à l'échange).
L'essentiel à retenir
Élasticité-prix = variation en % de la quantité demandée ÷ variation en % du prix. Elle est en général négative ; on raisonne sur sa valeur absolue : supérieure à 1, la demande est élastique et une baisse de prix augmente le chiffre d'affaires ; inférieure à 1, elle est rigide. Un prix qui passe de 10 à 11 € (+ 10 %) et des abonnés qui passent de 10 000 à 9 500 (– 5 %) donnent – 0,50 : demande rigide.
Les ménages consomment et fournissent le travail ; les entreprises (sociétés non financières) produisent des biens et services marchands ; les sociétés financières financent et assurent ; les administrations publiques produisent des services non marchands et redistribuent ; le reste du monde échange avec l'extérieur. Le circuit économique les relie par des flux réels (biens, travail) et des flux monétaires (paiements).
L'asymétrie d'information est une information inégale entre les deux parties à l'échange (l'acheteur d'un VAE d'occasion ignore l'état de la batterie) : sélection adverse avant le contrat, aléa moral après. L'externalité est un effet subi ou reçu par un tiers sans compensation : négative (pollution), l'État la taxe ; positive (covoiturage qui réduit le trafic), il la subventionne. Ce sont deux défaillances du marché.