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Cours · BTS MCO et NDRC · CEJM
Thème 3 du programme, question 3.4 : comment l'entreprise organise-t-elle ses ressources ? Après avoir choisi ce qu'elle produit et comment elle se finance, l'entreprise doit combiner ses ressources et ses compétences dans une structure, coordonner le travail, animer les équipes et contrôler les résultats. Ce chapitre présente les ressources et compétences, les types de structures et les mécanismes de coordination, les niveaux et styles de management, l'approche par les processus, l'effet d'expérience et la responsabilité de l'entreprise face à ses contre-pouvoirs.
Organiser l'activité, c'est combiner des ressources pour produire. Les ressources tangibles sont matérielles ou financières : bâtiments, machines, stocks, trésorerie. Les ressources intangibles sont immatérielles : marque, brevets, savoir-faire, réputation, données, réseau de partenaires. Les compétences sont la capacité de l'entreprise à mobiliser ces ressources de façon coordonnée ; une compétence est distinctive lorsqu'elle est rare, difficile à imiter et source de valeur pour le client.
| Type | Exemples chez Vélocité | Enjeu de gestion |
|---|---|---|
| Ressources tangibles matérielles | Atelier d'Annecy, bancs de test, stock de cadres | Entretenir, renouveler, utiliser au maximum de la capacité |
| Ressources tangibles financières | Trésorerie, capacité d'emprunt | Financer les investissements sans mettre en péril l'équilibre |
| Ressources intangibles | Marque, dessins et modèles des cadres, réputation de fiabilité, relation avec 400 magasins | Protéger, développer ; elles sont souvent la vraie source d'avantage |
| Ressources humaines et compétences | Ingénieurs du bureau d'études, savoir-faire d'assemblage, compétence de conception de systèmes électriques | Recruter, former, fidéliser, capitaliser l'expérience |
Exemple. La compétence distinctive de Vélocité n'est pas l'assemblage (que d'autres savent faire) mais la conception de vélos robustes adaptés aux trajets quotidiens, résultat de la combinaison de son bureau d'études, de ses retours clients et de ses dessins déposés. L'organisation doit protéger et nourrir cette compétence.
La structure est la façon dont l'entreprise divise le travail (spécialisation) et le coordonne. Elle se lit dans l'organigramme, mais aussi dans les règles, les circuits de décision et les relations informelles. Quatre grands types de structures existent, avec leurs avantages et leurs limites.
| Structure | Principe | Avantages | Limites | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Fonctionnelle | Découpage par fonction (production, commercial, finance…) | Spécialisation, économies d'échelle, expertise | Cloisonnement, coordination difficile entre fonctions, direction surchargée | Vélocité : direction, bureau d'études, atelier, ventes, administration |
| Divisionnelle | Découpage par produit, marché ou zone ; chaque division a ses fonctions | Autonomie, responsabilité sur les résultats, proximité du marché | Duplication des fonctions, coûts, concurrence entre divisions | Kooma avec une division « entreprises » et une division « collectivités » |
| Matricielle | Double rattachement : fonction et projet (ou produit, zone) | Souplesse, partage des compétences | Conflits d'autorité, lenteur des arbitrages | Chef de projet « usine batteries » coordonnant des membres de chaque fonction |
| Par projets | Équipes temporaires constituées pour un objectif, dissoutes ensuite | Réactivité, innovation | Instabilité, perte d'expérience à la fin du projet | Développement d'une nouvelle version de l'application Kooma |
Les mécanismes de coordination (Mintzberg). Henry Mintzberg distingue cinq façons de coordonner le travail : l'ajustement mutuel (communication informelle entre collègues), la supervision directe (un chef donne les ordres), la standardisation des procédés (procédures), la standardisation des résultats (objectifs chiffrés) et la standardisation des qualifications (formation, diplômes). Chaque configuration d'entreprise en privilégie un : la petite entreprise (structure simple) repose sur la supervision directe du dirigeant ; l'entreprise industrielle de grande taille (bureaucratie mécaniste) sur la standardisation des procédés ; le cabinet de professionnels (bureaucratie professionnelle) sur les qualifications ; la start-up innovante (adhocratie) sur l'ajustement mutuel. En grandissant, Kooma devra passer de la supervision directe à la standardisation des résultats et des qualifications.
Le management consiste à fixer des objectifs, organiser les ressources, animer les équipes et contrôler les résultats. Il s'exerce à deux niveaux. Le management stratégique (direction) définit les orientations de long terme et engage l'entreprise de façon difficilement réversible : nouvelle usine, nouveau marché, levée de fonds. Le management opérationnel (responsables d'équipe, de service) organise l'activité quotidienne pour atteindre ces objectifs : plannings, qualité, animation.
| Style de management (Likert) | Qui décide | Place de l'équipe | Adapté lorsque |
|---|---|---|---|
| Autoritaire exploiteur | Le manager seul, par la contrainte | Exécute, sans information | Rarement adapté ; urgence absolue |
| Autoritaire paternaliste | Le manager seul, avec récompenses | Exécute, dans la dépendance | Équipes peu qualifiées, tâches normées |
| Consultatif | Le manager, après avoir consulté | Donne son avis, est informée des raisons | Équipes qualifiées, décisions techniques |
| Participatif | Le groupe, animé par le manager | Participe à la décision et au contrôle | Équipes autonomes, innovation, projets |
Le management situationnel ajoute une idée simple : le bon style dépend de la compétence et de la motivation du collaborateur pour la tâche. On dirige un débutant, on accompagne un collaborateur qui progresse, on délègue à un expert autonome. Exemple. Aux Jardins de Tessier, le responsable de production donne des consignes précises aux saisonniers (style directif) mais laisse la responsable du magasin, expérimentée, organiser ses mises en avant (délégation).
Un processus est un ensemble d'activités reliées qui transforment des entrées (commandes, matières, informations) en sorties (produits, services, décisions) pour un client interne ou externe. Décrire l'entreprise par ses processus, et non seulement par ses services, permet de voir comment la valeur se crée d'un bout à l'autre et où elle se perd.
| Type de processus | Rôle | Exemples |
|---|---|---|
| Processus métier (ou de réalisation) | Créent directement la valeur vendue au client | Concevoir un vélo, assembler, livrer, assurer le service après-vente ; chez Kooma, mettre en relation conducteurs et passagers |
| Processus support | Fournissent les ressources aux processus métier | Recruter et payer, acheter, maintenir l'informatique, tenir la comptabilité |
| Processus de pilotage | Fixent les objectifs, allouent les ressources, contrôlent | Plan stratégique, budget, revue de direction, tableau de bord |
Le contrôle. Manager sans contrôler, c'est naviguer sans instruments. Le contrôle compare le réalisé aux objectifs à l'aide d'indicateurs (délai de livraison, taux de défauts, chiffre d'affaires par vendeur, taux d'occupation des chantiers) réunis dans un tableau de bord, puis déclenche des actions correctives. Il porte sur les résultats, mais aussi sur les comportements (respect des procédures) et sur les ressources (budget). Un bon contrôle est accepté par les équipes : indicateurs peu nombreux, connus à l'avance, discutés en réunion.
L'effet d'expérience désigne la baisse du coût unitaire d'un produit à mesure que la production cumulée augmente : à chaque doublement du volume cumulé, le coût unitaire diminue d'un pourcentage constant. Il s'explique par l'apprentissage des opérateurs, l'amélioration des procédés, la standardisation et l'effet de taille. C'est une notion d'organisation (comment capitaliser le savoir-faire) autant qu'un argument stratégique (le premier qui accumule du volume prend l'avantage).
| Production cumulée | Coût unitaire (effet d'expérience de 80 %) | Calcul |
|---|---|---|
| 500 unités | 120,00 € | coût initial |
| 1 000 unités | 96,00 € | 120,00 × 0,80 |
| 2 000 unités | 76,80 € | 96,00 × 0,80 |
| 4 000 unités | 61,44 € | 76,80 × 0,80 |
Exemple. Le coût de montage d'un vélo chez Vélocité est de 120,00 € pour les 500 premiers ; avec un effet d'expérience de 80 %, il tombe à 61,44 € après 4 000 unités, soit une baisse de 48,8 %. Pour en profiter, l'organisation doit stabiliser les équipes, écrire les procédures et faire circuler les améliorations trouvées par les opérateurs ; un fort turnover ou une rotation permanente des postes détruisent l'expérience accumulée.
Organiser ses ressources engage aussi la responsabilité de l'entreprise au-delà de ses obligations légales. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est l'intégration volontaire des préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans l'activité et dans les relations avec les parties prenantes.
| Dimension | Contenu | Exemple |
|---|---|---|
| Économique | Créer de la valeur durablement, payer ses fournisseurs à temps, rester rentable | Vélocité relocalise l'assemblage des batteries pour sécuriser ses approvisionnements |
| Sociale | Conditions de travail, santé, formation, égalité, dialogue social | Plan de formation des opérateurs, accord sur le télétravail chez Kooma |
| Sociétale | Impact sur le territoire, les fournisseurs, les communautés | Audit des conditions de travail chez le sous-traitant asiatique ; emploi local à Montélimar |
| Environnementale | Réduction des émissions, des déchets, de la consommation d'eau | Récupération de l'eau de pluie dans les serres des Jardins de Tessier |
| Éthique | Cohérence entre valeurs affichées et pratiques, loyauté, transparence | Ne pas annoncer « 100 % vert » un produit dont les composants viennent de loin |
Les contre-pouvoirs. Les parties prenantes ne se contentent pas d'attentes : certaines peuvent peser sur les décisions. Syndicats et CSE, associations de consommateurs ou de riverains, clients importants, médias et réseaux sociaux, autorités de contrôle, actionnaires minoritaires sont des contre-pouvoirs. Les intégrer dans la décision (information, consultation, négociation) coûte du temps mais évite les conflits et les atteintes à l'image. Une entreprise qui néglige ses contre-pouvoirs s'expose à des grèves, des boycotts, des recours ou des sanctions.
Les questions de management demandent de diagnostiquer une organisation à l'aide des concepts du programme, puis de proposer et de justifier. Exemple : « Caractérisez la structure actuelle de Kooma et montrez pourquoi elle doit évoluer. »
| Étape | Contenu de la réponse |
|---|---|
| 1. Identifier et qualifier | Repérer dans les documents les indices : effectif de 22, tous rattachés à la fondatrice, pas de fiches de poste, décisions en réunion quotidienne → structure simple (Mintzberg), coordination par supervision directe, faible formalisation. |
| 2. Énoncer le mécanisme | La supervision directe est efficace tant que le dirigeant peut suivre chaque dossier ; au-delà d'une vingtaine de personnes, elle sature la direction et ralentit la décision ; la croissance appelle la standardisation (procédés, résultats, qualifications) et une structure fonctionnelle ou divisionnelle. |
| 3. Appliquer au cas | Le passage à 60 salariés, deux offres et trois villes multiplie les décisions ; le témoignage du développeur (trois jours d'attente) montre que la saturation est déjà là ; les activités deviennent diversifiées (entreprises, collectivités). |
| 4. Conclure et proposer | La structure simple n'est plus adaptée ; proposer une structure fonctionnelle avec responsables de métier et, pour l'offre collectivités, un mode projet ; formaliser objectifs et fiches de poste en préservant l'ajustement mutuel dans les équipes techniques. |
Exemple rédigé (extrait). « Kooma présente les traits d'une structure simple au sens de Mintzberg : vingt-deux salariés rattachés directement à la cofondatrice, peu de règles formelles, coordination par supervision directe. Ce mode de coordination suppose que le dirigeant puisse suivre toutes les décisions ; or un développeur signale déjà des délais de trois jours pour un choix mineur, signe de saturation. Avec soixante salariés, deux offres et trois implantations, la supervision directe deviendra impossible : Kooma doit déléguer à des responsables de métier (structure fonctionnelle) et standardiser objectifs et postes, sans étouffer l'ajustement mutuel qui fait la réactivité des équipes techniques. »
Conseils : citer l'auteur quand le programme le prévoit (Mintzberg, Likert) ; appuyer chaque qualification sur un indice du dossier ; toujours relier la structure aux ressources, aux compétences et à la stratégie de l'entreprise ; terminer par une proposition réaliste et ses conditions de réussite.
L'essentiel à retenir
L'ajustement mutuel (communication informelle entre collègues), la supervision directe (un chef donne les ordres), la standardisation des procédés (procédures), des résultats (objectifs chiffrés) et des qualifications (formation, diplômes). La petite entreprise repose sur la supervision directe, la grande entreprise industrielle sur les procédés, le cabinet de professionnels sur les qualifications, la start-up sur l'ajustement mutuel.
À chaque doublement de la production cumulée, le coût unitaire baisse d'un pourcentage constant. Avec un effet d'expérience de 80 %, un coût de montage de 120,00 € pour 500 vélos passe à 96,00 € à 1 000 (120 × 0,80), 76,80 € à 2 000 et 61,44 € à 4 000 unités, soit – 48,8 %. Il tient à l'apprentissage des opérateurs, aux procédés et à la standardisation ; un fort turnover détruit l'expérience accumulée.
La structure fonctionnelle découpe l'entreprise par fonction (production, commercial, finance) : spécialisation et économies d'échelle, mais cloisonnement et direction surchargée. La divisionnelle découpe par produit, marché ou zone, chaque division ayant ses fonctions : autonomie et proximité du marché, mais duplication des fonctions et coûts. S'y ajoutent la structure matricielle (double rattachement) et la structure par projets.