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Le portefeuille clients est l'ensemble des clients confiés à un commercial ou à une entreprise. L'analyser, c'est repérer ceux qui font le chiffre d'affaires, ceux qui risquent de partir et ceux qui peuvent se développer, pour répartir le temps commercial là où il rapporte.

Les indicateurs d'un portefeuille

Un portefeuille se décrit par des indicateurs de volume et de structure. Ils se calculent par client, puis par segment (type de clientèle, secteur, zone).

IndicateurCalculCe qu'il révèle
Chiffre d'affaires par clientSomme des ventes HT de la périodePoids de chaque client ; concentration du portefeuille
Marge par clientCA HT – coût d'achat des ventes (ou CA × taux de marque)Les clients qui rapportent, pas seulement ceux qui achètent
Panier moyenCA ÷ nombre de commandesTaille des commandes, potentiel de montée en gamme
Fréquence et récenceNombre de commandes ; date de la dernière commandeHabitude d'achat ; risque de perte
Ancienneté et taux de fidélitéDurée de la relation ; clients actifs N ÷ clients actifs N–1Solidité de la relation
PotentielAchats possibles (effectif, projets, budget) – achats réalisésMarge de progression chez le client

La loi des 20/80 et la méthode ABC

La loi de Pareto (20/80) constate qu'une minorité de clients réalise la majorité du chiffre d'affaires. La méthode ABC l'affine en trois classes à partir du chiffre d'affaires cumulé.

ClassePart des clientsPart du chiffre d'affaires cumuléTraitement commercial
Aenviron 20 %jusqu'à 80 %Plan de compte, visites régulières, contacts à plusieurs niveaux, ventes additionnelles, fidélisation prioritaire
Benviron 30 %de 80 à 95 %Suivi semestriel, objectif de montée en classe A, offres ciblées
Cenviron 50 %de 95 à 100 %Suivi à distance (téléphone, e-mail), offres standard, réactivation ou abandon des inactifs

Méthode : classer les clients par chiffre d'affaires décroissant, calculer la part de chacun et la part cumulée, poser les seuils. Un portefeuille très concentré (deux clients pour 45 % du chiffre d'affaires) expose l'entreprise à un risque de dépendance ; un portefeuille dispersé coûte cher en temps de suivi.


Le scoring RFM

La méthode RFM note chaque client sur trois critères : la récence de la dernière commande, la fréquence des achats et le montant dépensé. Chaque critère reçoit une note (par exemple de 1 à 3) ; la somme ou la combinaison des notes définit des groupes.

CritèreNote 3Note 2Note 1
Récence (dernière commande)moins de 6 mois6 à 12 moisplus de 12 mois
Fréquence (commandes sur 12 mois)3 et plus21
Montant (CA sur 12 mois)plus de 20 000 €5 000 à 20 000 €moins de 5 000 €

Groupes typiques : clients fidèles à forte valeur (3-3-3) à choyer ; clients récents à développer ; clients « endormis » (récence 1) à réactiver par un appel avec une raison de contact ; petits clients occasionnels à traiter à distance.


Le potentiel et la matrice de décision

Le chiffre d'affaires réalisé ne dit pas tout : un petit client peut avoir un fort potentiel (effectif, projets, croissance). On croise l'attractivité du client (potentiel, rentabilité, image) et la position de l'entreprise chez lui (part des achats, relation).

Position fortePosition faible
Attractivité forteFidéliser et défendre (clients A stratégiques)Développer : prospection interne, offres, visites (clients à conquérir)
Attractivité faibleMaintenir à moindre coût (suivi à distance)Désinvestir ou traiter en automatique

Du diagnostic au plan d'action

L'analyse débouche sur un plan : répartition du temps commercial (par exemple 50 % du temps aux clients A, 30 % aux B, 20 % aux C et à la prospection), objectifs par client (chiffre d'affaires, marge, nouveaux produits), actions de fidélisation, réactivation des inactifs, ciblage des segments porteurs pour la prospection. Elle est refaite chaque année et nourrit la fiche client du CRM (classe, potentiel, prochaine action).


Pour aller plus loin :

Fiche ressource – Méthodes d'analyse des données et valeur client

France Num – guides numériques pour les TPE et PME

INSEE – statistiques et études