Cours · BTS MCO · Bloc 3

Les opérations de règlement, la trésorerie et le financement de l’exploitation

Les opérations de règlement :

Les modes de règlements fournisseurs et clients

Une facture peut être réglée au comptant (c’est l’usage pour la vente aux particuliers) ou à crédit.

Arborescence des règlements. Au comptant (l’usage pour la vente aux particuliers) : espèces (1 000 € au plus si le domicile fiscal est en France), chèque, virement SEPA (rapide, impossible à annuler, utilisable dans toute l’Europe), prélèvement SEPA (mandat avec RUM, contestable pendant 13 mois), TIPSEPA (valable une fois, signé et retourné), carte de paiement. À crédit ou à terme : virement commercial (fixé à une date future, mobilisable par le créancier), effet de commerce (lettre de change, LCR, billet à ordre, échéance de moins de trois mois), bordereau Dailly (escompte de créances clients).
Schéma 1. Les outils de règlement, au comptant ou à crédit.

Les outils de règlement au comptant :

  • En espèces

Le règlement en espèces d’un particulier à un professionnel ne doit pas dépasser 1 000 € lorsque son domicile fiscal est en France. S’il a son domicile fiscal à l’étranger et règle une dépense personnelle, le plafond est de 15 000 € lorsque le professionnel est soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment, de 10 000 € sinon.

Il ne peut être effectué qu’en main propre puisque la loi l’interdit par courrier.

  • Par chèque

  • Par virement bancaire SEPA (Single Euro Payments Area)

Rapide (moins d’un jour ouvrable), il présente l’avantage de ne pas pouvoir être annulé une fois sur le compte.

Contrairement au chèque qui n’est valable qu’en France, celui-ci peut être utilisé dans toute l’Europe.

Le virement instantané arrive en moins de 10 secondes, 24 heures sur 24, et ne peut pas être annulé. Depuis le 9 octobre 2025, toutes les banques de la zone euro doivent le proposer au même prix que le virement classique et vérifier, avant l’envoi, que le nom du bénéficiaire correspond à son IBAN : une protection contre les faux RIB.

  • Par prélèvement SEPA

Il suffit de donner un mandat (avec Référence Unique de Mandat ou RUM) à son fournisseur pour être prélevé régulièrement.

Il peut être contesté pendant 13 mois après la date de passage.

  • Par TIPSEPA

Contrairement au prélèvement SEPA, il n’est valable qu’une fois, doit être signé et retourné au fournisseur (avec son RIB la première fois).

  • Par carte de paiement

Le client compose son code confidentiel sur le terminal du commerçant ou paie sans contact, sans code jusqu’à 50 € par achat (le code est redemandé de temps en temps). L’ordre de paiement est irrévocable et le paiement est garanti au commerçant s’il a respecté les règles d’acceptation (code, demande d’autorisation). Chaque paiement lui coûte en revanche une commission bancaire : il peut donc refuser la carte ou fixer un montant minimum d’achat, à condition d’en informer ses clients par un affichage visible avant l’achat. Que la carte du client soit à débit immédiat ou différé (débit en fin de mois), cela ne change rien pour le commerçant.

Les outils de règlement à crédit / à terme :

Entre professionnels, le délai de paiement est de 30 jours après la réception des marchandises à défaut d’accord ; le délai convenu ne peut dépasser 60 jours à compter de la date de la facture (ou 45 jours fin de mois). Tout retard entraîne des pénalités et une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (voir le cours sur le cadre juridique des opérations de gestion).

  • Par virement commercial (ou VCOM pour virement commercial mobilisable)

Il est réalisé par le débiteur et fixé à une date future.

Le créancier, prévenu par la banque du débiteur, peut mobiliser cette créance, c’est à dire obtenir un règlement anticipé (avec paiement d’intérêts).

  • Par effet de commerce (lettre de change, LCR, billet à ordre)

Un effet de commerce matérialise une créance (l’échéance doit être inférieure à trois mois) entre professionnels.

Il peut être endossé ( cédé à un tiers) ou escompté (vendu avant échéance à une banque en contrepartie de paiement d’agios).

Le billet à ordre présente des caractéristiques identiques à la lettre de change : sa distinction provient du fait qu’il est émis par l’acheteur (le débiteur dit le “tiré”) et non le vendeur (le créancier dit le “tireur”).

  • Le bordereau Dailly est proche des effets de commerces.

Il permet d’escompter des créances client d’une manière similaire.

Pour aller plus loin :

Fiche ressource – règlements et financements du cycle d’exploitation

DGCCRF – délais de paiement : fiche pratique

CEDEF (ministère de l’Économie) – délais de paiement entre entreprises

Entreprendre Service Public – délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard

Service-public.gouv.fr – paiement en espèces : plafonds et règles

economie.gouv.fr – la facturation électronique et le suivi des paiements (2026)

La trésorerie :

La trésorerie correspond à l’argent disponible sur le compte bancaire de l’entreprise (en tenant compte des découverts autorisés appelés “concours bancaires”) et dans la caisse.

C’est l’argent qui permet à l’entreprise de faire face à l’ensemble de ses dépenses.

Un gestionnaire se doit d’anticiper les entrées d’argent (encaissements) ainsi que les sorties d’argent (décaissements) afin de ne pas se laisser surprendre.

Le budget de trésorerie permet justement d’anticiper la trésorerie prévisionnelle disponible pour les mois à venir.

Ainsi, pour chaque période :

Trésorerie finale = trésorerie initiale + encaissements - décaissements

Cette planification permet d’anticiper les périodes critiques et de toujours pouvoir financer l’exploitation.

Diagramme en barres de la trésorerie finale de janvier à juin, avec 3 000 € de trésorerie au 1er janvier : janvier 4 000 € (12 000 € encaissés, 11 000 € décaissés), février 500 € (9 000 € encaissés, 12 500 € décaissés), mars moins 2 500 € (10 000 € encaissés, 13 000 € décaissés), avril 500 € (14 000 € encaissés, 11 000 € décaissés), mai 4 500 € (16 000 € encaissés, 12 000 € décaissés), juin 6 500 € (15 000 € encaissés, 13 000 € décaissés). Mars est une période critique à financer.
Schéma 2. Chaque mois, trésorerie finale = trésorerie initiale + encaissements – décaissements : le budget fait apparaître la période critique de mars (exemple chiffré).

La trésorerie est la résultante du Fonds de roulement (FR = L’argent disponible ou pas pour financer de nouveaux investissements) auquel on retranche le Besoin en fonds de roulement (BFR = L’argent nécessaire pour assurer l’exploitation de l’entreprise, c’est à dire gérer son quotidien comme acheter les stocks, payer ses fournisseurs…).

Ainsi au niveau de l’exploitation, une trésorerie négative peut s’expliquer :

  • Par des stocks trop importants.

  • Par des créances clients importantes.

  • Par des dettes réglées trop rapidement auprès des fournisseurs : contrairement à une personne, être endettée est signe de bonne gestion pour une entreprise (L’argent qui n’est pas encore donné aux fournisseurs permet par exemple de financer les stocks).

Formule : fonds de roulement (l’argent disponible ou pas pour financer de nouveaux investissements) moins besoin en fonds de roulement (l’argent nécessaire à l’exploitation : acheter les stocks, payer les fournisseurs) égale trésorerie ; une trésorerie négative s’explique par des stocks trop importants, des créances clients importantes ou des fournisseurs réglés trop vite.
Schéma 3. La trésorerie, résultante du fonds de roulement diminué du besoin en fonds de roulement.

Le financement de l’exploitation :

Si la trésorerie disponible ne permet pas de financer l’exploitation, différentes solutions sont possibles :

Comparaison : crédits de trésorerie, en échange d’intérêts (découverts autorisés, facilités de caisse, crédits à court terme) ou mobilisation des créances (escompte des effets de commerce auprès d’une banque, affacturage : créances cédées au factor contre une commission, cession Dailly : ensemble de créances présenté à la banque).
Schéma 4. Deux familles de solutions quand la trésorerie ne suffit pas à financer l’exploitation.

Les crédits de trésorerie :

Il s’agit de découverts autorisés, de facilités de caisse ou de crédits à court terme (en échange de paiement d’intérêts).

La mobilisation des créances :

  • L’escompte des effets de commerce consiste à négocier (escompter) ceux-ci auprès d’une banque, qui avance leur montant avant l’échéance contre des intérêts : capital × taux × nombre de jours ÷ 360, plus des commissions. Exemple : une lettre de change de 6 000 € à 60 jours, escomptée au taux de 6 % : intérêts = 6 000 × 6 % × 60 ÷ 360 = 60 € ; la banque verse 5 940 €, avant commissions.

  • L’affacturage : consiste à céder ses créances clients à une société, le Factor, contre le paiement d’une commission.

Le factor est libre d’accepter ou pas sachant qu’il n’aura pas de recours en cas de non paiement.

  • La cession Dailly qui concerne un ensemble des créances qui sont présentées à la banque et permettent l’obtention d’un découvert bancaire ou d’un compte dédié.

Exercices auto-corrigés

Le financement de la trésorerie



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L’entreprise “Kar@Mail” dans laquelle vous travaillez connaît des difficultés de trésorerie.

Cela est essentiellement dû à une créance de 52 000 euros qui arrive à échéance dans 52 jours.




Première solution :

Votre responsable vous a demandé de vous renseigner sur l’affacturage..

Vous avez collecté de l’information sur une entreprise d’affacturage, “Factor Easy”.

À partir du document 1, vous calculez le coût pour “Kar@Mail” si vous faites appel à l’entreprise “Factor Easy”.


Le coût sera de €



Deuxième solution :

Votre responsable envisage de réaliser un crédit de trésorerie.

Vous disposez des conditions proposées par la banque et de la formule permettant de calculer le montant des intérêts.

À partir du document 2, vous calculez le coût pour “Kar@Mail” si vous faites appel à la banque pour un crédit de trésorerie.


Le coût sera de €



Troisième solution :

Votre responsable souhaite escompter l’effet de commerce.

Vous disposez des modalités de coût.

À partir du document 3, vous calculez le coût pour “Kar@Mail” si vous faites appel à la banque pour escompter les effets de commerce.



Le coût sera de €



Document 1 :

Factor Easy qui a une bonne réputation propose les coûts suivants :


  • une commission d’affacturage (frais de gestion, de recouvrement et d’assurance-crédit) qui représente 1,3 % du montant des créances.

  • une commission de financement (de 5,1 %) qui correspond à des intérêts sur le montant des créances au prorata du nombre de jours avant l’échéance.



Document 2 :

La formule pour calculer le montant de l’intérêt (I)


I = (C x i x n) /360

Avec :

C = Montant emprunté

i = taux d’intérêt

n = nombre de jours


La banque de l’entreprise propose un taux d’intérêt de 9,1 %.



Document 3 :

Les agios sont composés d’un escompte et de commissions.


La valeur nominale correspond à la valeur initiale des créances.


Valeur nette = valeur nominale - agios


Escompte = Valeur nominale de l’effet x taux d’intérêt x nombre de jours / 360



La banque pratique un taux d’intérêt de 9,5%.

Ses commissions s'élèvent à 4,4 € par effet escompté.





Financer une créance de 38 000 €


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La société « Kar@Mail » détient un effet de commerce de 38 000 € à 45 jours. Trois solutions s'offrent à elle pour disposer des fonds immédiatement (document 1). Vous calculez le coût de chacune (annexe 1) et vous concluez.


Document 1 : les conditions proposées

Escompte de l'effettaux 8,5 % l'an, commission 6 € par effet
Découvert bancairetaux 11 % l'an sur le montant et la durée
Affacturagecommission d'affacturage 1,2 % du montant + commission de financement 5,6 % l'an au prorata des jours
Base de calculannée de 360 jours

Annexe 1 : coût des trois solutions (en €, deux décimales)

SolutionCoût
Agios de l'escompte (escompte + commission)
Valeur nette reçue en cas d'escompte
Intérêts du découvert
Coût de l'affacturage

La solution la moins coûteuse est…


L'affacturage reste intéressant parce qu'il…




Escompte ou paiement à 60 jours : le crédit fournisseur de Verdon Aventure


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Verdon Aventure, magasin de sports de plein air à Castellane, reçoit le 16 mars 2026 la facture de sa commande d'été auprès du distributeur Cimes Distribution (document 1). Le fournisseur propose de payer à 60 jours, ou sous 10 jours avec un escompte de règlement.

Pour payer sous 10 jours, la gérante, Mme Inès Garnier, devrait financer toute la somme à payer par le découvert autorisé de sa banque, du 10e jour jusqu'au 60e jour, date à laquelle elle aurait sinon payé. Vous chiffrez les deux possibilités (annexe 1) et vous l'aidez à décider.


Document 1 : la facture et ses conditions de règlement

ÉlémentMontant ou condition
Net commercial de la facture (après remises)12 500,00 € HT
TVA20 %
Condition 1paiement à 60 jours date de facture, sans escompte
Condition 2paiement sous 10 jours, avec un escompte de 2 % sur le net commercial

Document 2 : les conditions de la banque et les repères de calcul

  • Découvert autorisé au taux de 9 % par an ; intérêts = montant utilisé × taux annuel × nombre de jours ÷ 360.
  • Taux annuel d'un crédit fournisseur = coût du crédit (l'escompte perdu) ÷ somme dont le paiement est retardé (le net financier HT) × 360 ÷ nombre de jours de délai supplémentaire × 100.
  • La TVA payée au fournisseur est déductible : elle est récupérée auprès de l'État.

Annexe 1 (montants au centime, taux à une décimale)

QuestionRéponse
Montant de l'escompte (€)
Somme TTC à payer sous 10 jours (€)
Somme TTC à payer à 60 jours (€)
Nombre de jours de délai supplémentaire obtenus en renonçant à l'escompte (jours)
Taux annuel du crédit fournisseur (%)
Intérêts du découvert pour payer sous 10 jours (€)
Gain net de la solution « escompte financé par le découvert » (€)

Questions d'analyse

Quelle décision recommander à Mme Garnier ?


Pour que le paiement soit bien réalisé dans les 10 jours, quel moyen de règlement choisir ?


Une cliente domiciliée à Digne-les-Bains veut payer en espèces un kayak de randonnée à 1 290 € TTC. Le vendeur doit :




La trésorerie de Jardins du Var et l'escompte de ses LCR


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Jardins du Var, grossiste en mobilier de jardin à Brignoles, vend aux campings, aux hôtels et aux jardineries, qui le règlent par lettre de change relevé (LCR). Au 31 mars 2026, juste avant la saison, son compte bancaire est à découvert au-delà de la limite autorisée par la banque.

Le gérant, M. Paul Arnaud, vous demande de mesurer la situation, puis de chiffrer la remise à l'escompte de trois LCR (documents 1 et 2, annexe 1), et d'en tirer des conclusions. Une trésorerie négative se saisit avec le signe « – » (exemple : -5).


Document 1 : la situation au 31 mars 2026

ÉlémentMontant
Fonds de roulement (FR)54 000 €
Stocks de mobilier de jardin96 000 €
Créances clients (dont les trois LCR du document 2)78 000 €
Dettes fournisseurs72 000 €
Découvert autorisé par la banque30 000 € au maximum

Document 2 : les LCR remises à l'escompte le 1er avril 2026

LCRClient (tiré)Valeur nominaleÉchéanceJours jusqu'à l'échéance
n° 1Camping La Pinède Bleue, Fréjus15 600 €1er mai 202630
n° 2Hôtel Les Restanques d'Or, Hyères10 800 €16 mai 202645
n° 3Jardinerie Vert Argens, Vidauban6 000 €15 juin 202675

Conditions de la banque : taux d'escompte de 6 % par an (année de 360 jours), commission de 6 € par effet. Escompte = valeur nominale × taux × jours ÷ 360 ; agios = escompte + commissions ; valeur nette = valeur nominale – agios.


Annexe 1 (montants en euros)

QuestionRéponse
BFR au 31 mars (€)
Trésorerie au 31 mars (€)
Somme à trouver pour revenir dans la limite du découvert autorisé (€)
Escompte des trois LCR (€)
Agios (€)
Valeur nette créditée par la banque (€)
Trésorerie après la remise à l'escompte (€)

Questions d'analyse

Pourquoi la trésorerie est-elle négative alors que le fonds de roulement est positif ?


Le 16 mai, l'hôtel Les Restanques d'Or ne paie pas sa LCR de 10 800 €. Que se passe-t-il ?


Quelle mesure améliore durablement la trésorerie de Jardins du Var ?